Un tracĂ© vigoureux pour croquer les postures sociales Ă lâĂšre du zapping culturel, de lâ«entertainement» Ă tout prix, de la communication creuse, du paraĂźtre pour rien et des grandes solitudes post - industrielles et ultra-modernes.
Thierry Grootaers, qui vit quelque part dans la campagne belge, revendique cette ruralitĂ© et entretient un rapport critique, distant et rĂȘveur, avec notre moderne urbanitĂ©, ses agitations, ses pompes et ses leurres. Il se sent en fraternitĂ© avec aussi bien James Ensor que Neo Rauch,
peintre allemand, chef de ïŹle dâune certaine figuration actuelle, trĂšs «dĂ©routante» Ă©galement et Ă la recherche de voies inĂ©dites pour une picturalitĂ© de bon aloi.
FrĂšre aussi de toute une gĂ©nĂ©ration de nouveaux dessinateurs de par le monde, qui entreprennent, en phagocytant les images de la vie moderne, de les assimiler, de les rĂ©examiner au fond, et de les remodeler pour une autre vision des choses. Pas «visionnaires» cependant, ni illustrateurs, ni littĂ©rateurs engagĂ©s pour telle ou telle cause⊠Non, il sâagit plutĂŽt pour eux dâinventer une autre syntaxe plastique, un nouveau geste, une nouvelle Ă©criture, pour mieux rendre compte, pour mieux re-prĂ©senter par une mise en forme appropriĂ©e pour un vrai regard sur notre contemporanĂ©itĂ© post -industrielle, sur le dĂ©risoire de notre sociĂ©tĂ© de consommation, sur «lâultramoderne solitude» des individus acteurs de ce grand carnaval trĂšs «ensorien» en effet.
Le tracĂ© est donc trĂšs syncopĂ©, ravageur-ravagĂ©, elliptique, ludique, acrobatique⊠mais dâune exactitude, dâune cohĂ©rence, dâune harmonie et dâun Ă©quilibre Ă©vidents.
Et câest bien ce qui fait son charme dĂ©licat et mystĂ©rieux.
